Exposition Meb

MEB, LE PEINTRE JOYEUX

” Ayant découvert des cours de modelage et de sculpture, nous en prîmes le chemin et, par la suite, nous ne manquions qu’en cas de force majeure les leçons bi-hebdomadaires d’Antoine Zaccagnino.

Marc montra très vite que la copie n’était pas son affaire. A la surprise générale, il remplaça le bandeau plat et le chignon d’un profil romantique par une coiffe qui semblait faite de mailles métalliques. Patinée en vert bronze la « reproduction » n’évoquait guère l’original !

Le Maître proposa ensuite une Diane de la Renaissance. Bientôt se dressa sur la sellette une tête de femme au nez épaté que Monsieur Zacca amincit. Dès qu’il se fut détourné vers un autre élève Marc remodela l’appendice nasal en élargissant les narines, et surmonta le crâne d’un cône en forme de vis qui acheva de donner au personnage un aspect oriental.

Désormais Marc transforma à sa guise les modèles classiques qui lui servaient de point de départ. Bientôt il put s’attaquer à la pierre et se défoula en créant des formes lourdes rappelant l’art primitif. (…) Aux gouaches abstraites d’un graphisme aigu succédèrent des arabesques courbes et amples.”

– Marie-Louise Eberschweiller, “Meb, le peintre joyeux”, éditions nouvelle cité –

- Art Brut

Tout public

DU MAR 04 AU VEN 21 OCT
de 10h à 22h

Renseignements :
01 45 41 00 96
ou
01 30 37 87 47

TARIF
GRATUIT

« J’ai vu, et vous allez voir vous-mêmes, les œuvres extraordinaires d’un enfant, d’un homme, que l’on appelle handicapé. Il s’agit d’un peintre mongolien. Vous allez constater que l’univers dans lequel il vit, qu’il peut traduire dans le langage pictural, vous allez voir combien cet univers est riche, troublant, étrange. On ne peut pas établir une limite entre le normal et l’anormal. Il n’y en a pas. Ou alors, nous sommes tous des malades, des anormaux, des fous, nous sommes tous des êtres congénitalement aliénés puisque nous ne pouvons presque rien comprendre à ce monde, puisque le plus grand savant n’en sait guère plus que le plus ignorant. Un maître mongolien est aussi démuni que nous, mais différemment. »

– Eugène Ionesco –

« Première exposition d’un vrai jeune qui est autodidacte. Son art fait de cloisonnements très menus, de couleurs claires et fraîches, recompose en des sortes de puzzles éclatants des paysages panoramiques à la fois réels et poétiques. » 

– Raymond Charmet, revue “Arts”, 1963 –

« On le pourrait croire contemporain des graveurs sur bois d’Epinal, des peintures rustiques d’ex-votos et de conduites de compagnons. »

– Maximilien Gauthier, « Aux écoutes », 1963 –

« Le syndicat et l’Union Nationale des amis et Parents d’enfants Inadadaptés » patronnent l’exposition de MEB, « peintre mongolien » et cette précision me gêne car le garçon, que je connais bien depuis longtemps, possède un dessin ferme, précis, dont la tournure empreinte de naïveté ne peut être comparée à la tournure infantile des soi-disant maîtres en naïveté dont les œuvres tentent coûteusement des collectionneurs gâteux. Nous sommes en présence d’un authentique artiste, qui met devant nous un monde propre, rassurant, joyeux, parce que gouverné par l’esprit, l’esprit du bien. Meb, un merveilleux imagier de la nature. »

– Jean Chabanon, revue  “Le peintre” –